Une alternative de l'embryon

Les cellules souches sont présentes chez tous les êtres vivants multicellulaires, cependant leur production est à la fois complexe et coûteuse. Les cellules souches totipotentes, évoquées plus tôt, sont difficiles d’accès et leur prélèvement est controversé en raison de problèmes éthiques. En effet, pour prélever ces cellules, la destruction d’un embryon est inévitable, se pose alors la question : à partir de quel stade considère-t-on un organisme comme étant un être vivant ? 
En France, il est interdit d’expérimenter sur des cellules souches provenant d’embryons, hormis sur les embryons qui constituent le surplus d’une fécondation in-vitro. D’autres pays comme les Etats-Unis, plus laxistes, autorisent l’utilisation de ces cellules pour faire progresser la médecine.
Il existe certaines alternatives à cette contrainte, notamment le principe de reprogrammation, aperçu sur le schéma ci-dessus, qui constitue l’inverse de la différenciation. 
 
 
Il s’agit ici de modifier le code génétique de cellules matures et différenciées. C’est en 2006 que le docteur japonais Shinya Yamanaka est le premier à parvenir à produire des cellules souches à partir de cellules déjà différenciées, en modifiant quelques gènes. Cette pratique se nomme la pluripotence induite, et les cellules qui en découlent s’appellent les IPS (de l’anglais: Induced Pluripotent Stem cells). Cette découverte implique qu’il est désormais possible de créer des cellules souches pluripotentes à partir de toutes les cellules du corps, mis à part les spermatozoïdes et les ovules. Ce procédé, qui consiste à réactiver l’expression des gènes associés au stade embryonnaire, permet de contourner tout problème éthique puisqu’il ne nécessite pas la destruction d’un embryon. De plus, ces cellules ont un accès très simple puisqu’aujourd’hui, il est possible, en seulement trois semaines, de générer une cellule souche pluripotente à partir de n’importe quelle cellule du corps, même en utilisant des cellules d'une personne de 82 ans. 
 
Enfin, cette alternative permet aussi de maximiser la compatibilité donneur-receveur lors d’un transfert (greffe par exemple) grâce à la Banque internationale de cellules souches qui référence déjà 16 millions de personnes dans le monde et qui permet de choisir un donneur ayant le code génétique le plus adapté pour le receveur. 
 
Malgré tout, ces découvertes étant relativement récentes, tous les effets secondaires n’ont pas encore été découverts et des risques de tumeur telles que le cancer ou des mutations existent.  Le taux d’échecs lors de ces manipulations génétiques est également élevé.
 
   
Résultats de la différenciation de cellules souches embryonnaires humaines : les noyaux cellulaires sont marqués en bleu, la population de neurones en vert